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«Religion et spiritualité à l’ère de l’ego»

Dans le cadre du Programme national de recherche «Communautés religieuses, Etat et société» (PNR 58), une vaste enquête est menée sur la religiosité en Suisse depuis 1989. Une nouvelle étude paraîtra le printemps.

Dans le cadre du Programme national de recherche «Communautés religieuses, Etat et société» (PNR 58), une vaste enquête est menée depuis 1989 sur la religiosité en Suisse. La première publication intitulée «Croire en Suisse(s)» à laquelle ces travaux ont abouti a eu un écho considérable. L’évaluation des résultats de la dernière recherche en date vient de sortir de presse sous le titre «Religion und Spiritualität in der Ich-Gesellschaft. Vier Gestalten des (Un-)Glaubens». Une version en langue française de l’ouvrage intitulée «Religion et spiritualité à l’ère de l’ego. Quatre profils d’(in-)fidélité» paraîtra au printemps 2015. L’étude débouche sur le constat qu’en matière de croyances religieuses, notre société se divise en quatre catégories d’individus bien distinctes: les institutionnels, les alternatifs, les distants et les laïcs.

Toute personne appelée à se pencher sur la situation de l’Eglise/des Eglises, sur les rapports entre l’Eglise et la société ou encore sur des questions de planification pastorale consultera avec profit ce livre d’une lecture aisée. Comparativement aux études précédentes publiées dans le cadre du PNR 58, la nouvelle recherche insiste encore plus nettement sur le bouleversement que connaît le paysage religieux. A propos de la vision que nos semblables ont du religieux, elle souligne que l’avènement de «l’ère de l’ego» l’a profondément modifiée. Le regard critique porté sur la religion apparu à la faveur des Lumières est un phénomène qui, aujourd’hui, s’est radicalisé et touche le gros de la population. Jusque dans les années 50, on pouvait encore parler de la Suisse comme d’un pays chrétien, et le rattachement confessionnel constituait un marqueur social influençant très fortement la perception que l’on avait des individus. En revanche, à l’ère de l’ego qui est la nôtre, la religion est considérée de manière très différente par la grande majorité de la population: les communautés religieuses sont soumises de façon générale au primat de la société et de l’individu, à savoir qu’elles n’ont pas de revendications à formuler pour elles-mêmes dans la mesure où il leur appartient avant tout d’être au service de la société et des individus. Si elles ne s’inscrivent pas cette ligne et produisent des effets considérés comme dommageables (par exemple, encouragent l’extrémisme, le fanatisme ou l’intolérance), elles s’exposent au rejet (cf. p. 170), Semblable perception de la religion/des religions met les Eglises au défi. Même si ces dernières décident de ne pas s’inféoder aux critères d’appréciation de l’ère de l’ego, elles doivent bel et bien prendre acte que c’est sur cette base qu’elles sont jaugées par le plus grand nombre.

Stolz, J., Könemann, J., Schneuwly Purdie, M., Englberger, T., & Krüggeler, M. (2015). Religion et spiritualité à l'ère de l'ego. Profils de l'institutionnel, de l'alternatif, du distancié et du séculier. Genève Labor et Fides.